Quelques astuces pour apprendre le luxembourgeois

J’ai dans mon entourage plusieurs personnes qui apprennent le luxembourgeois en ce moment, pour différentes raisons et à différents niveaux. Je suis moi-même passé par là il y a quelques années et j’ai trouvé quelques trucs qui m’ont bien aidé. Je vais essayer de lister tout cela dans cet article, en espérant me rappeler de tout cela, car j’ai arrêté de prendre des cours en 2019.

Attention, je ne prétends pas du tout être un exemple dans le domaine, j’ai une expérience parmi d’autres, n’hésitez pas à faire vos propres tests et à me faire part de vos retours dans les commentaires.

Pourquoi le luxembourgeois ?

Pourquoi un article sur le fait d’apprendre le luxembourgeois en particulier et non sur le fait d’apprendre une langue en général ? Le luxembourgeois vient avec quelques petits défis en plus pour les francophones comme moi :

  • Il est tout à fait possible de travailler ou de vivre au Luxembourg en étant très peu exposé à cette langue, c’est ce que j’ai fait pendant les 12 premières années de ma carrière. J’ai eu très peu de collègues luxembourgeois, et on échangeait généralement en français ou en anglais.
  • Les luxembourgophones natifs sont des gens très sympa et basculent directement dans une autre langue comme le français ou l’anglais si leur interlocuteur a un gros accent et peine à aligner les mots, ce qui facilite la communication mais limite pas mal l’effet d’immersion. (cf. ce mème)
  • Bien que territoire sur lequel le luxembourgeois est parlé est plutôt limité, il existe de nombreuses variations du luxembourgeois, que ce soit en terme d’accent, de prononciation ou même parfois de tournures de phrase. Le luxembourgeois “standard” est celui qui est parlé dans la capitale et que l’on peut apprendre en cours du soir, mais il n’empêche qu’on doit être capable de comprendre les principaux accents et variantes. L’app “Schnëssen” et l’atlas des variations sont deux projets très intéressants pour prendre conscience de ces variantes.
  • Il y a à mon avis encore trop peu de médias qui publient du contenu en Luxembourgeois, ça pourrait être sympa d’avoir un peu plus de diversité dans les sources de contenus.

Prendre des cours

La première étape pour bien démarrer est à mon avis de prendre des cours. De nombreuses organisations fournissent ce genre de cours, que ce soit au Luxembourg ou en France.

En France, j’étais passé par le GRETA Lorraine, mais leur offre était plus limitée que ce qu’on peut trouver au Luxembourg. La prof était très compétente, mais il me semble qu’elle ne parlait pas totalement le luxembourgeois standard, ce qui n’est pas très grave, mais c’est assez déroutant quand on débute.

Elle disait notamment “Fënschter” pour fenêtre à la place de “Fënster”, qui venait probablement du “Platt” ou elle avait peut-être de la famille venant de la Moselle luxembourgeoise, who knows?

Il me semble qu’il n’y avait qu’une seule classe, pas de niveaux. Je ne recommande cette option que si vous n’avez vraiment pas de possibilité de prendre des cours au Luxembourg.

Vous pouvez trouver des cours semblables dans les communes luxembourgeoises, mais le fait qu’il n’y ait pas de groupe de niveau rend la progression difficile.

Au Luxembourg, je recommande l’Institut National des Langues (INL), ce sont de loin les meilleurs cours que j’ai eu. Sans prendre de cours, point de salut. On peut essayer de lire des livres ou d’utiliser des apps, mais à mon avis cela vient juste en complément d’un cours. Ce qui est très bien avec l’INL c’est qu’il y a des cours pour tous les niveaux, du A1 totalement débutant au C1. L’INL permet aussi de passer des certifications qui sont reconnues, notamment par l’État. J’ai passé la certification pour le niveau B2 à l’INL et je m’en suis servi lorsque j’ai postulé à l’État.

L’INL propose notamment des cours sur la pause déjeuner et le soir, ce qui est pratique quand on travaille. Quand on n’est pas débutant et que l’on souhaite démarrer à l’INL, on doit passer par un court interview avec un.e prof. Cela garantit que le cours dans lequel on démarre aura un niveau adapté à nos besoins. L’expérience globale de l’INL est vraiment top, il y a même une cantine au sous-sol.

Si je dois retenir un seul point noir dans tout cela, c’est le processus d’inscription, digne de l’achat de tickets de concerts en ligne. Il faut se renseigner sur la date et l’heure d’ouverture, être devant son ordi au bon moment et ensuite rafraîchir la page régulièrement jusqu’à parvenir à s’inscrire. Mais c’est le prix a payer pour avoir des cours de qualité et financièrement abordables. J’espère qu’ils découvriront un jour le concept de haute disponibilité :)

Sur le principe, j’aimerais bien y retourner pour reprendre des cours et passer le niveau C1, qui se résume par : “A ce niveau vous êtes capable d’utiliser la langue de façon efficace et souple.” Mais si je me souviens bien, les cours C1 sont très orientés sur l’étude de textes littéraires, et je ne sais pas trop si ça va m’intéresser.

INL
Locaux de l’INL à Luxembourg-ville, publié par GilPe sous licence CC BY-SA

Et les boites privées alors ? J’ai fait des progrès bien moins rapides avec certaines boites privées qu’à l’INL et pour un prix bien plus élevé. Un des seuls avantages que j’y voyais était que le prof se déplaçait dans mon entreprise et donnait des cours à un petit groupe. Je n’en ai donc pas à recommander, mais nul doute que certaines doivent bien faire le job.

Les références

Pour apprendre une langue, il est nécessaire d’avoir accès à un dictionnaire de qualité. Au Luxembourg, le dictionnaire luxembourgeois officiel s’appelle LOD (Lëtzebuerger Online Dictionnaire, dictionnaire en ligne luxembourgeois) et est géré par un organisme public, le ZLS (Zentrum fir d’lëtzebuergesch Sprooch, centre pour la langue luxembourgeoise), et les personnes qui y travaillent sont des scientifiques, linguistes, lexicographes, etc. Cela garantit à mon avis un bon niveau de qualité par rapport à d’autres dictionnaires gérés par des académiciens, qui ne sont pas des scientifiques.

Je vous déconseille vraiment les dictionnaires papier que vous pourriez trouver, la plupart ne sont pas à jour, rien de tel que LOD.

J’utilise régulièrement LOD, par exemple pour me souvenir du genre de certains noms ou pour trouver la définition de mots que je ne connais pas. Je suis un grand fan de ce dictionnaire, depuis longtemps.

ZLS fournit ses données en open data. Sur cette base j’ai pu développer un dictionnaire luxembourgeois intégré dans MacOS, LOD4Mac. L’intérêt de ce dictionnaire est de pouvoir accéder très rapidement à la définition d’un mot, via un appui fort sur le trackpad et ceci dans n’importe quelle application.

Malheureusement le format d’export a changé, il va falloir que j’adapte mon code pour pouvoir mettre à jour le dictionnaire pour Mac à partir de leur nouvelle API. Si quelqu’un veut m’aider sur ce sujet, je suis preneur.

Si vous rencontrez des mots dans certains textes qui ne sont pas disponibles dans LOD, vous pouvez consulter les dictionnaires historiques. Il faut juste faire attention au fait que l’orthographe a évolué entre temps et prendre les informations avec des pincettes, vu que les définitions ne sont pas encore incluses dans LOD.

L’équipe de ZLS propose aussi un correcteur orthographique : spellchecker.lu. Cet outil est vraiment indispensable pour améliorer la qualité de vos textes. Il vérifie essentiellement l’orthographe des mots ainsi que la règle du n. L’outil serait vraiment parfait s’il supportait une correction grammaticale même basique, par exemple en permettant de vérifier les genres ou les accords, mais le service qu’il rend est déjà très grand.

ZLS édite aussi des documents de référence sur les règles d’orthographe. Personnellement je n’utilise pas ces documents, car je considère que je n’en ai pas le niveau. J’ai appris le luxembourgeois avec une ancienne orthographe, il me semble. Je me mets à jour progressivement en vérifiant l’orthographe de certains mots sur LOD ou avec le spellchecker et dans la vie de tous les jours ça me suffit. J’ai remarqué que nombre de mes interlocuteurs ne sont pas passés à la dernière orthographe et j’ai l’impression que les luxembourgeois sont plus tolérants aux variantes orthographiques que les francophones par exemple. Quand on pratique une langue qui n’est pas notre langue natale, il me semble illusoire de viser une orthographe parfaite, par contre rien n’interdit d’utiliser des outils automatisés comme le Spellchecker.

Pour la grammaire par contre, je l’ai principalement apprise en cours. J’ai un peu utilisé cette grammaire, mais très ancienne, non officielle et apparemment contient des erreurs.

J’espère que ZLS a un projet de grammaire dans les cartons !

La presse

En plus des cours, on peut essayer de lire régulièrement et d’écouter du luxembourgeois pour progresser. Les deux médias qui produisent la plupart des contenus en luxembourgeois sont la radio publique 100,7 et la radio et télé RTL Lëtzebuerg. Les deux ont un site internet avec du contenu en luxembourgeois. Pour améliorer sa compréhension orale, j’ai trouvé cela plus simple quand je débutais d’écouter 100,7 que RTL. J’ai l’impression que les speakers de 100,7 font plus d’effort pour avoir une prononciation parfaite et ont aussi un débit un peu plus lent que les animateurs de RTL. Un autre avantage de 100,7 est que cette radio est totalement financée par l’État et n’a pas de pub. Je me réveille tous les matins avec les infos de 100,7.

Le journal télévisé de RTL est aussi très bien fait. Vous pouvez retrouver chaque jour sur leur site la vidéo de chaque reportage accompagnée d’une transcription textuelle. Cela peut vous permettre par exemple de regarder la vidéo et si vous n’avez pas tout compris, de lire l’article.

Dans mon lecteur de flux RSS (oui je sais c’est old school), j’ai les flux de ces deux sites ainsi que de Wikipedia en Luxembourgeois :

Pourquoi suivre les nouveautés de Wikipedia en luxembourgeois ? Le contenu est assez diversifié, bien écrit et vous avez la possibilité de voir l’article dans votre langue natale pour vérifier votre compréhension.

les podcasts

Quelques émissions de 100,7 et RTL sont disponibles sous forme de podcasts. Au moment d’écrire ces lignes, je vois 11 émissions dans le canal “100,7” et 45 émissions dans le canal “RTL Lëtzebuerg” sur Apple Podcasts.

Depuis qu’ils ont refait leur site, certaines émissions de 100,7 ne sont plus très faciles à retrouver dans la médiathèque. Il y avait par exemple une émission sur les curiosités de la langue luxembourgeoise (“Kuriositéiten aus der lëtzebuerger Sprooch”) animée par des linguistes et autres expert.e.s qui travaillent au ZLS et c’était vraiment super intéressant. Vous pouvez retrouver certains articles en utilisant la recherche sur le site de la ratio 100,7.

Personnellement j’écoute régulièrement :

Mes centres d’intérêts ne sont pas forcément les mêmes que les vôtres, n’hésitez pas à fouiller dans les podcasts proposés par RTL et 100,7 pour trouver ce qu’il vous plaît.

Les apps

Point de Duolingo pour apprendre le Luxembourgeois. J’ai utilisé à une époque Memrise pour entretenir mon vocabulaire, mais cette app a apparemment décidé de laisser tomber le luxembourgeois. Une des apps qui fait apparemment bien le job est LLO de l’INL, mais je ne l’ai pas trop utilisée, à part pour faire un test de niveau et voir que je n’avais pas trop régressé depuis la fin des cours. J’ai entendu beaucoup de bien sur ses contenus, mais par contre l’app en elle-même semble perfectible.

Pour le vocabulaire, il est possible de se créer des “flashcards” et de les réviser avec une app style “Anki”. Ça fait partie de mes plans, mais je n’ai pas encore essayé.

Les bouquins

Si vous cherchez un bouquin pour démarrer, j’avais trouvé “Learn Luxembourgish” assez bien fait à l’époque. Ça vous dépannera pour le niveau A1, mais ensuite il faudra prendre des cours.

Si vous chercher des livres à lire en plus des cours, cela peut être sympa pour améliorer votre vocabulaire mais il est assez complexe de trouver des bouquins à lire quand on apprend une langue qui ne soient pas des livres pour enfants. Pour certaines langues on trouve des livres classés par les niveaux du référentiel européen, j’avais essayé pour l’allemand, mais sans grand succès. À l’INL, on nous avait proposé de lire de petits livres de la série Smart Kremart. Ils sont très petits, hyper courts, une trentaine de pages, mais pas nécessairement super simples à lire.

Les collègues m’ont déjà dit que je devrais essayer de lire le Reenert qui est un classique du XIXe siècle. En 2022 est sortie une version adaptée à la nouvelle orthographe, cette version me semble la plus appropriée, je ne suis pas certain d’être capable de déchiffrer le texte original.

Je viens de commencer la lecture de “Fassad a Substanz” de Joël Adami, je vous en dirai des nouvelles.

Si vous avez des recos de bouquins, n’hésitez pas à les partager en commentaire.

Films et séries

La première série télé qu’on a regardé dans des cours à l’INL c’était Routwäissgro. Je trouve cette série vraiment cool, il s’agit d’une série documentaire. Le nom signifie Rouge-blanc-gris, un peu comme les couleurs du drapeau luxembourgeois mais avec du gris pour montrer que le point de vue est nuancé. Il s’agit de reportages dans lequel il n’y a pas de commentaire audio, on suit en général une ou plusieurs personnes qui font partie de la société luxembourgeoise dans leurs activités. Je trouve ça vraiment très bien fait.

La série luxembourgeoise la plus connue est Capitani, qui est sortie sur Netflix. Le scénario en soi ne me parle pas trop, la série a l’avantage d’avoir une VO en luxembourgeois et de se passer au Luxembourg. J’ai regardé quelques épisodes, mais je n’ai pas vu la fin. À noter qu’il y a eu une polémique sur le casting de la saison 2 qui était basé sur des stéréotypes racistes.

Lorsque j’étais à l’INL est sorti le film “Superjhemp retörns” au cinéma, nous sommes allés le voir avec la classe. Superjhemp est un superhéros parodique luxembourgeois. Le film est une comédie familiale plutôt bien réalisée, les dialogues ne sont pas trop compliqués, bref, j’ai bien aimé.

Un des premiers films luxembourgeois qu’un ami m’a recommandé, c’est “Troublemaker”, qui est un film culte pour toute une génération. J’ai vraiment bien aimé (je ne suis pas critique de cinéma, vous l’aurez remarqué), par contre il y a quand même pas mal de scènes en allemand.

Pratiquer

Pour progresser, à partir d’un certain moment (vers le niveau B1), il faut vraiment pratiquer. Il faut parler avec des gens. Cette partie-là était pour moi la plus difficile car je n’avais pas confiance dans mon niveau pour réussir à m’exprimer convenablement. Un des déclics que j’ai eu, c’est de me dire que je n’étais pas capable de discuter de tout, mais j’avais suffisamment de vocabulaire pour parler de travail au travail. Un autre avantage de cette approche est que l’on connait le contexte et en général on maitrise son sujet. J’ai donc commencé par écrire certains mails au boulot en luxembourgeois et à recevoir les réponses de mes interlocuteurs. Le mail est assez cool, car on a le temps de rédiger, de se relire, etc. Ce que je n’avais pas prévu, c’est que certains de mes interlocuteurs allaient prendre le téléphone pour me répondre :) Mais ça s’est globalement bien passé.

Chez mon ancien employeur, on avait aussi un genre de “stand-up meeting” une fois par semaine, au cours duquel chaque équipe présentait aux autres équipes en quelques mots ce qu’elle était en train de faire. Cette réunion se déroulait en luxembourgeois et ceux qui ne le parlaient pas, parlaient dans leur langue. J’ai commencé par préparer mon texte à l’avance, puis uniquement quelques mots clés et vers la fin, je faisais ça en mode improvisation.

Les discussions informelles sont beaucoup plus difficiles car elles demandent un vocabulaire bien plus diversifié. En fonction du contexte, si par exemple vous êtes dans un environnement bruyant et que la discussion est animée au sein d’un groupe, il peut être difficile de suivre. On peut donc essayer de faire du “chit chat” avec une seule personne, dans un environnement calme pour commencer.

Quels sont les autres endroits dans lesquels vous pouvez pratiquer ? Dans le contexte où vous êtes un client, les vendeurs ne peuvent pas trop vous envoyer balader. Le marché de Luxembourg-ville est pas mal pour ça et normalement vous aurez vu en cours le vocabulaire de base des fruits et légumes. Certains risquent de vous parler en allemand par contre, ne soyez pas surpris. Dans le même genre mais un peu plus tricky, il y a la pharmacie. Si vous ne comprenez pas les explications qu’on vous y donne, c’est un peu plus gênant. Sinon j’ai déjà discuté en luxembourgeois dans un magasin de vélo, mais j’atteins vite mes limites de vocabulaire. Dans un contexte tout à fait différent, vous pouvez aussi essayer d’échanger avec les administrations publiques en luxembourgeois. Quand on est frontalier, cela n’arrive pas trop fréquemment, mais en tant que résident, il y a de nombreuses occasions où vous devrez par exemple contacter la commune. Si votre vie ne dépend pas de cet échange, n’hésitez pas à le faire en luxembourgeois.

Café des langues

Le concept du café des langues est de se réunir avec d’autres personnes qui veulent pratiquer une ou plusieurs langues et on peut y discuter de tout, rester le temps que l’on veut, etc. À chaque table, une langue est définie et les gens discutent entre eux. J’ai participé à 3 cafés des langues différents :

Il en existe plein d’autres, il suffit de chercher sur Internet. Souvent les communes en organisent. Comme l’offre est assez développée, n’hésitez pas à changer si le café des langues que vous avez choisi ne vous convient pas.

Psychologie de comptoir

Quand vous apprenez une langue, on ne vous apprend pas à apprendre. On ne vous apprend pas non plus en tant qu’adulte à gérer votre (dé-)motivation à apprendre. J’ai découvert quelques trucs qui peuvent sembler évidents, mais que je trouve important de rappeler :

  • Votre progression ne sera pas linéaire. Il ne suffit pas d’enchaîner les heures de cours pour que le niveau augmente automatiquement. Vous allez parfois atteindre des plateaux et il ne faudra pas s’inquiéter si vous avez l’impression de ne plus progresser pendant un certain temps. C’est normal et ça fait partie du processus.
  • À partir d’un certain stade, vous ne progresserez que si vous parlez régulièrement avec des gens. Pour cela, trouvez des gens de confiance avec qui discuter me parait important.
  • Quand vous allez discuter avec des natifs, certains vont vouloir vous corriger votre prononciation ou vos fautes. Sachez rester cool avec ça, il ne faut pas dramatiser et accepter ce feedback. Vos interlocuteurs veulent vous aider.
  • L’ambiance de la formation pour adulte est très différente de l’école. Les profs sont très sympa, ils sont là pour vous faire progresser et vous encouragent, rien à voir avec l’ambiance du lycée ou des études supérieures.
  • Il faut vraiment pratiquer régulièrement une langue si on ne veut pas la perdre. Le retour de congés, quand on n’a plus parlé depuis 2 semaines, peut être difficile. Si vous continuez de lire la presse ou d’écouter la radio, je trouve que ça limite la casse.
  • J’ai parlé en intro de ce qui fait que le luxembourgeois est une langue complexe à apprendre, je vais maintenant vous donner le joker ultime : ne pas avoir honte de placer un mot de français ou d’anglais dans une phrase si on ne le connait pas en luxembourgeois. Ne pas buter dessus, faire cela naturellement, ça passe ! Il est toujours possible d’aller regarder plus tard dans un dictionnaire quel est le mot exact. Bien entendu, comme tout joker, il ne faut pas en abuser, mais à petite dose, c’est une béquille plutôt pratique.

Conclusion

J’ai commencé à prendre des cours en 2015 sans rien connaitre de cette langue, et j’ai eu mon diplôme B2 en 2019. Il m’a fallu un peu moins de 5 ans de cours du soir pour y arriver. En 2020, j’ai démarré un nouveau job dans lequel on parle 90% du temps en luxembourgeois. Le niveau B2 était tout juste suffisant et j’ai encore énormément appris depuis. Je ne pense pas que mon niveau d’expression se soit vraiment amélioré, mais je suis beaucoup plus fluide et à l’aise dans des situations variées. Je ne deviendrai jamais un locuteur natif, et je risque de ne jamais perdre mon accent français, mais ça me va comme ça.

J’espère que cet article vous aura donné quelques pistes pour progresser en complément de vos éventuels cours. Comment ça, vous n’êtes pas encore inscrits ?! ;-) Si vous souhaitez plus de détails sur certains points, n’hésitez pas à m’en faire part dans les commentaires. Pour le reste, c’est maintenant à vous de jouer !

Remerciements

E grousse Merci à Clarissa, à Hellgy et à Clawfire pour leurs relectures bienveillantes et leurs idées sur ce texte.

Vestiges linguistiques teutons

En 2015, j’avais envie de changer de job et je me suis mis à apprendre le luxembourgeois, en me disant que ça me serait utile. 6 ans après, même si je le parle assez mal, je le pratique quasi tous les jours dans le cadre pro. Cet apprentissage a réactivé pas mal de vocabulaire de patois mosellan que j’avais appris étant gamin. J’ai découvert que le patois mosellan parlé au Nord et à l’Est de Thionville est appelé le francique luxembourgeois et est globalement du luxembourgeois à quelques différences près. Si le francique n’est plus beaucoup pratiqué en Moselle, le français qui y est parlé continue d’utiliser des mots de (francique) luxembourgeois et d’allemand, tout comme le luxembourgeois a pas mal d’emprunts au français. Les frontières administratives ne sont pas alignées avec les frontières linguistiques, ce n’est pas nouveau, mais ça peut être fun, comme je vais essayer de vous le montrer dans cet article.

Pour mes cours de luxo à l’INL, j’ai préparé un exposé en 2019 sur la situation linguistique en Moselle [lb]. Comme le sujet m’avait bien plu, j’essaie de vous en faire une petite synthèse ici.

Avertissement: je ne suis pas linguiste, ni un spécialiste de la question, j’ai fait quelques recherches sur le Web sur le sujet, mais je trouve ce sujet vraiment passionnant. Je m’excuse par avance pour les références qui ne sont pas hyper précises, je n’ai pas retrouvé les sources de toutes les infos mentionnées ici.

Le francique lorrain

Le département de la Moselle est un département très riche au niveau linguistique. Il est globalement traversé par une “frontière linguistique” du Nord-Ouest au Sud-Est qui sépare au sud un dialecte Roman (i.e. francophone) avec au nord de cette frontière 4 dialectes germaniques : le francique luxembourgeois, le francique mosellan, le francique rhénan et l’Alsacien (bas-alémanique).

Je vous remets ici une petite carte qui vient de l’article “lorraine germanophone” chez Wikipedia:

Dialectes de Moselle

On va surtout s’intéresser dans cet article au “platt” lorrain, ou francique lorrain c’est à dire aux patois germaniques de ce département. Si vous voulez écouter un peu de francique luxembourgeois, j’ai retrouvé une petite vidéo d’RTL Luxembourg qui date de 2011 et pour le francique rhénan, il y a l’émission Platt Bande sur Tele Mosaïk (la télé locale de Sarreguemines), et en voici un épisode.

Il y a globalement dans cette région de l’Europe ce qu’on appelle un continuum linguistique, une sorte de gradient de langues, qui va de l’Allemand au Néerlandais en passant par l’Alsacien, le Luxembourgeois et le Francique. Ces différentes langues sont séparées par des isoglosses, des lignes définissant une différence caractéristique entre deux langues voisines pour un même mot.

Voici le continuum linguistique qui nous intéresse ici (on se rend compte que ces dialectes couvrent un territoire beaucoup plus large que la moitié du département de la Moselle, source: Wikipedia)

Continuum linguistique

Un exemple d’isoglosse est par exemple le passage du “das” en Allemand au “dat” en luxembourgeois pour l’article défini neutre (qui sépare aussi le francique rhénan du francique mosellan), ou encore l’isoglosse “op/of” (“sur” en français, “auf” en allemand) entre le francique mosellan et le luxembourgeois. Nos 3 variantes du francique sont séparées par ces isoglosses.

Exemples de différences entre les franciques. Sources: Platt Lorrain de poche, Assimil, 2012 et Wikipedia.
français francique luxembourgeois francique mosellan francique rhénan
femme Fra Froi Frau
gens Leit Léit Litt
vin blanc Wäisswäin Wéisswéin Wisswinn
avoir hunn hann hònn ou hann
être sinn sénn sìnn
parler schwätzen schwätzen redden

On notera tout de même quelques différences entre le luxembourgeois “standard” et le francique luxembourgeois, notamment une règle du N différente de l’originale et pratiquée dans des villages au Sud et à l’Ouest de Thionville. A priori ces dialectes sont de moins en moins pratiqués. Je n’ai pas trouvé de statistique récente, mais on peut se faire une idée générale de cette tendance via des statistiques un peu plus anciennes entre 1960 et 2000 (source: Wikipedia)

Statistiques des locuteurs du francique en Moselle, fév. 2021

La variante du francique qui a l’air de survivre le mieux semble être le francique rhénan. D’après ce que j’ai pu lire, il y a de nombreux facteurs qui conduisent à la survie ou à l’extinction d’une langue, comme par exemple l’enseignement de la langue, l’existence de médias dans cette langue, l’image ou le déficit d’image au sein de la population. Après la 2e guerre mondiale, l’allemand n’avait pas trop la cote dans la région et le français avait une meilleure image que le patois local. La presse écrite y était encore réalisée en allemand, via le fameux “France-Journal”, l’édition du Républicain lorrain en allemand “standard”, qui a cessé de paraître dans les années 80.

La Une de France Journal

Il y a eu bien entendu toute une série d’initiatives pour protéger le francique via des associations comme “Wéi laang nach?” (qui sont aussi actifs sur leur page “Fratzbuch”) ou “Gau un Griis”. Le francique bénéficie d’une orthographie officielle depuis 2004: Charte de la graphie harmonisée des parlers franciques -Platt- de la Moselle germanophone. Si l’Éducation Nationale a mis apparemment du temps avant de comprendre que le francique était une langue différente de l’allemand, le francique est enseigné au lycée via les cours de LCR “langue et culture régionale”. Actuellement l’enseignement de LCR est disponible dans 9 lycées en Moselle et seulement un collège enseigne le luxembourgeois, celui de Sierck-les-Bains. La construction d’un collège franco-luxembourgeois sur le site de Micheville (près d’Esch-sur-Alzette) serait à l’étude au niveau du département de la Moselle.

Toponymie

Un autre élément que je trouve intéressant sur ce sujet est celui de la toponymie, globalement l’origine des noms de lieux dans la région. Certains noms de lieux, villages, villes ont gardé leur origine bien visible, d’autres ont été adaptés en fonction de l’envahisseur du moment du pays auquel la région était rattachée. Si on prend l’exemple de l’ancienne commune de Basse-Yutz, celle-ci s’est appelée Nieder-Jeutz en Allemand et Nidder-Jäiz en francique. On retrouve les traductions de certaines communes en francique sur les panneaux d’entrée de ville près de la frontière luxembourgeoise. Par exemple “Hettange-Grande” se traduit “Grouss-Hettengen” en francique.

 

J’ai même habité pendant mon enfance dans un coin qui était surnommé le “Kittsack”, le cul-de-sac en francique (car desservi par une seule route).

Panneau entrée de ville Hettange-Grande avec traduction francique, source Wikipedia

On retrouve aussi certains motifs dans les noms de communes dans la région, comme par exemple les communes qui se terminent avec le suffixe “-ange”. Ce suffixe a différentes variantes “-ing”, “-ingen”, “-éng”, “-éngen” et signifierait “domaine”. “Ing” serait le diminutif de “Ingebäude” une construction à l’intérieure d’une enceinte. J’avais trouvé une très chouette carte d’Europe montrant la répartition géographique de toutes les localités ayant un nom se terminant de la sorte, mais je ne la retrouve malheureusement plus. On voyait clairement que leur distribution se fait au delà des frontières, en Moselle mais aussi au Luxembourg, en Allemagne, en Belgique, en tout cas dans une bonne partie de la zone où le francique est ou a été pratiqué. Dans les toponymies amusantes, on retrouve aussi Thionville, littéralement la cour (de ferme) teutonne, Audun-le-Tiche et Audun-le-Roman de chaque côté de la frontière linguistique, ou encore dans les cours d’eau, la Nied française et la Nied allemande pour les mêmes raisons.

Le francique n’est pas mort !

Le francique est encore un peu pratiqué dans le département de la Moselle, mais surtout le français local est largement influencé par ses voisins luxembourgeois et allemands ainsi que par le patois roman aujourd’hui disparu. Si en luxembourgeois on rencontre de nombreux verbes qui viennent du français et qui ont récupéré la terminaison  en “-en” à l’infinitif, par exemple : inviter devient invitéieren, l’inverse est vrai aussi, on trouve des verbes d’origine germanique qui sont d’usage courant en Moselle, par exemple rutschen (glisser) devient routscher. Au niveau syntaxique, cette influence se fait aussi sentir, comme le montre l’exemple suivant. Les expressions en français mosellan semblent être une traduction littérale du luxembourgeois. On peut sûrement parler ici de contact des langues, mais probablement pas de créolisation vu qu’il ne s’agit pas d’une nouvelle langue à part entière1

Exemples d’expressions très similaires en luxembourgeois et en français mosellan
Luxembourgeois français mosellan français standard
De Gérard Le Gérard Gérard
Maach d’Luucht aus Ferme la lumière Éteins la lumière
Kënns de mat? tu viens avec? Tu viens avec moi?
Ech hunn de Kapp wéi J’ai mal la tête J’ai mal à la tête

Casquette "J'ai chaud la Fratz" (office du tourisme de Thionville)

Pour aller un peu plus loin, on s’est posé la question avec mes parents du vocabulaire d’origine germanique qu’on utilise ou qu’on est capable de comprendre lorsqu’intégré dans une conversation en français. On vous a pondu une petite liste de mots et d’expressions et j’ai essayé de retrouver l’équivalent en luxembourgeois lorsque c’était possible. On remarque que certains emprunts viennent directement de l’allemand, sans passer par le luxembourgeois ; il faudrait certainement creuser un peu plus pour différencier les emprunts au luxembourgeois de ceux à l’allemand. Le niveau de langue est souvent familier. C’est bien entendu à prendre avec des pincettes, nous ne sommes pas des pros :)

Exemple de vestiges germaniques dans le français parlé en Moselle
français mosellan Français Luxembourgeois
altmodisch vieux jeu almoudesch
Babbel (la) la pipelette Babbel
Boulibatsch (la) la boue Bulli
Bux (la) culotte, pantalon Box
ça get’s? ça get’s mol? ça va? wéi geet et?
ça tire il fait froid / courant d’air et zitt
Dabo abruti Dabo
entre-midi Entre 12h et 14h, traduction littérale du francique “zwéschen métdach” Mëtteg
faire bleu / bleuter être absent  
Foehn (le) le sèche-cheveux Fön
Foutsch / Foutschi (faire) perdre  
Fratz (la) le visage
Geiss (la) la chèvre Geess
Gummi (le) le caoutchouc Gummi
Guns (la) l’oie Gäns
Halt! Arrête! Hal op!
Hanswurst clown, guignol  
Hex (la) la sorcière (souvent imagé et péjoratif) Hex
Kaffeeklatsch (le) réunion café-gâteaux des commères  
Kaffi (le) café Kaffi
Kaputt cassé futti
Katz (le) le chat Kaz
kipper basculer kippen
Klatz (le) le chauve, la calvitie Klatz (la boule)
Knall (avoir un) avoir un grain  
knatsch mou knätscheg
Komm viens komm
kotzer vomir / tousser katzen
kouatscher bavarder quatschen
Kwatsch! n’importe quoi! Quatsch!
Lutsch (la) la sucette / tétine Lutsch
Monni (le) l’oncle Monni
Non di Katz normol Non d’un chat Nondikass
Oma (la) la grand-mère Bomi
Opa (le) le grand-père Bopi
quatscheraille (la) des bêtises  
Quetsche (la) fruit, insulte Quetsch
Raoudi (le) le garnement Raudi
ratscher rapporter / dénoncer  
Ratz (le) un jeune Rotzbouf
Raus! sors! Eraus
routscher glisser rutschen
Schlag (une) une baffe Schlag
schlaguer poser violemment  
Schlappe (la) la pantoufle Schlapp
schlass mou, fatigué midd
Schluck (tu bois un schluck) la gorgée Schlupp
Schmecker (ça schmeckt gut) avoir bon goût / sentir schmaachen
Schmer (fumer une) les cigarettes Zigarette
schmirer barbouiller (Schmier)
Schmireraï le barbouillage  
Schnabbel (la) le clapet / la pipelette Schnabbel
schnaïller couper schneiden
Schnaps alcool fort Schnapps
Schneck (le) l’escargot Schleeck
Schnell vite! Séier
Schness la gueule Schnëss
Schnitz (le) le couteau  
Schnouffe (avoir la) (avoir la) goutte au nez Schnoffelen
Schnudel (la) la morve Schnuddel
schön (regarde comme c’est schön!) beau schéin
Schpatz (le) le moineau Spatz
Schrecklich terrible Schrécklech
Schrott (la) ferraille Schrott
schroupper (je schrouppe) passer le balais brosse schruppen
schtarff baraqué  
Schtiff (le) le stagiaire / l’assistant?  
Schtrack en état d’ivresse  
Schtroubeldich décoiffé? (de Strubel dich, taquiner)  
Schutt (le) la décharge  
Schwartz (travailler au) travailler au noir Schwaarz
Schweinerei cochonnerie Schwengerei
Speck (le) le lard, le gras Speck
Spitzbub (le) enfant malicieux Spëtzbouf
Spritz (des) petits gâteaux traditionnels  
spritzer pulvériser sprëtzen
Spull (la) l’éponge pour faire la vaisselle  
Stempel (le) le tampon Stempel
Stengel (le) un bâton Bengel
Stinker (ça stink) puer sténken
Stuck (le) un morceau Stéck
Tommel (avoir le) un coup de folie, le vertige Tommel (aner Meenung?)
Train huit le grand huit Achterbunn
Trinkgelt le pourboire Drénkgeld
Tschüss salut, ciao Äddi
Weck! dégage!  
wecker évacuer  
Werschtatt atelier  
Witz (la) la blague Witz
Wurscht (la) la saucisse Wurscht

Un vocabulaire d’une centaine de mots, ce n’est pas beaucoup mais ça constitue une forme de “vestige” linguistique.

Voici un petit exemple d’emploi de ce genre de mots dans un texte en français, issu du “Guide de conversation du platt lorrain de poche” de chez Assimil :

“Le boumleur était chtrak, tellement il avait bu de chloucs de schnaps. Ce jour-là, il avait beaucoup plu, […] ça chpritzait de partout. Quand le boumleur s’est levé, il a routché et il est tombé dans la boulibatch. Après il chmaquait pas bon, […] il faisait une drôle de chnesse. Il avait une beuille sur le front, un vrai knall. Comme je revenais de chez le boulanger, où j’avais acheté une paire de chnèques et un pain pour mon frichtique, je lui en ai donné un chtuque. Il m’a remercié, a chnoupfé un peu et m’a demandé si je n’avais pas encore un peu de tringuelt pour lui ou un coup de chnique. Je lui ai dit que là, il faisait tout foutche et qu’il ferait mieux d’aller au chlof. […]”

Bouquins

J’ai trouvé le bouquin de Daniel Laumesfeld “La Lorraine francique, culture mosaïque et dissidence linguistique” super intéressant. Il a été écrit dans les années 70-80 et ne cache pas son militantisme pour la sauvegarde de la langue francique et de sa culture tout en étant résolument progressiste et en ayant une position anti-nationaliste (apparemment il y a pu y avoir dans les années 70s des mouvements pour le rattachement de Thionville et de ses environs au Luxembourg, ce qui maintenant peut faire sourire).

Je me souviens d’une anecdote qui m’a marqué : le francique était la langue parlée au fond des mines de Moselle, quelle que soit l’origine des gens qui y travaillaient.

Daniel Laumesfeld a aussi écrit de la poésie en francique. Celle-ci semble écrite via l’orthographe luxembourgeoise de 1976. En voici un exemple:

Bauernklage

O ech aarme lotrénger Hond
Ënnen am laach, am déischt’re Grond
Hun ech geschaft mat schwees a Plo,
An Emmer ouni Streid a Klo

Zwanzeg Joer laang op d’Karlzütt gaang,
Haut sin ech midd, d’Zâit as vergaang,
D’Karlzütt as doud, d’Broscht deet mir wéi,
Haut hun ech guer keng Aarbecht méi.

O ech aarme lotrénger Hond
Se wëssen all, ech hale mäi Mond
Mä d’Atoomzentral mir net gefällt
Eis Kanner brauchen eng aner Welt.

— Daniel Laumesfeld
in “Récits, chansons et poèmes franciques”, L’Harmattan, 2005.

Pour les luxembourgeophones, le poème est inspiré d’une chanson traditionnelle “O, Ich armer Lothringer Bur” et la “Karlzütt” est l’ancien haut-fourneau de Thionville.

En conclusion

Personnellement, je ne me rappelle pas avoir fréquenté de personne parlant le platt (j’ai peut-être croisé des personnes âgées dans le voisinage ou les parents d’amis qui habitaient la région de Sierck). Je ne suis pas nostalgique d’une époque que je n’ai pas connu. Je constate juste que les langues ne sont pas figées et que dans les zones frontalières leurs évolutions sont sympathiques à observer.

Quand en France on parle de langue régionale, on pense surtout au Breton, au Corse, à l’Alsacien, alors qu’il y en a plein d’autres avec tout un patrimoine à préserver. Dans la région, l’essor de la langue luxembourgeoise peut donner envie de comprendre ce qui s’est passé de l’autre côté de la frontière.

  1. ^ la référence était là juste pour caler le mot créolisation que je trouve assez cool :)

Time for a refresh!

It has been a while since I last changed the theme of this blog! Seems that with all the time spent at home in the last three months, I had some new blog posts ideas, but blogging on the old boring theme was not so motivating. So I made a this one by combining some open source libs.

The main idea here is to mimic an annotated article done with LaTeX0. I reused several open source components:

  • LaTeX.css: the main style of this theme
  • Rough Notation: this library is providing all the annotations: underline, highlight, circle, etc.
  • Littlefoot: A library to provide nice footnotes
  • Scampi: I only used the skip-links module of this library.

Moreover, I wanted to have a more personal touch, so I created my own font based on my not so beautiful handwriting (I am a lefty, eh.) To do so, I used Calligraphr, combined with Procreate on an iPad with an Apple Pencil. The result is not 100% accurate, since the font is still missing lots of ligatures, but I find it good enough for the effort. What do you think?

I mapped some annotations provided by Rough Notation to html5 elements, for example:

  • mark
  • s (strikethrough)
  • strong
  • blockquote for long quotes with lost of stuff to say, not like here for example.

I wanted to be able to annotate articles with some side notes1. These notes are okay on desktop when there is space in the side margins, but on mobile we don’t have this space. I discovered the bigfoot library2, which creates “pop over” notes, but this library did not seem to be maintained since 4 years and it was still depending on jQuery. I thus found an alternative in the littlefoot library, which is still maintained and does not depend on jQuery. I may add at a later stage the side notes feature on desktop. I still have some stuff to fix here and there in this theme, but globally this is it!

  1. I really like LaTeX, but I don’t have so many occasions to use it these days.

  2. The kind of stuff that happens regularly when you annotate a document.

  3. and the corresponding plugin for dotclear by Franck

Yet Another Minitel Project

Il y a 4 ans, j’ai acheté un Minitel 2 sur eBay et il est resté très longtemps dans son carton. L’idée était de le connecter à un Raspberry Pi pour en faire un petit terminal.

Le projet peut être fun, cela permet de découvrir ou de redécouvrir certains outils en ligne de commande et en même temps de faire un peu d’électronique basique.

En théorie, ce type de projet se réalise assez rapidement avec le bon matériel.

Le Minitel est mort, vive le Minitel !

Pour ceux qui ne le connaissent pas, le Minitel était un terminal utilisé en France dans les années 80 et 90 pour se connecter aux services Télétel.

Si je ne me trompe pas, les services Télétel classiques (3611, 3615, etc.) ont été stoppés en 2012. Rien n’empêche tout un chacun de maintenir un serveur Minitel sur un numéro de téléphone dédié [1]. C’est d’ailleurs le cas d’une poignée de services toujours en activité, maintenu par une bande de passionnés. On peut retrouver cette dizaine de services sur le site du musée du Minitel. Vous pouvez même y essayer ces services via un émulateur en html5. Minitel.us est une alternative au musée du Minitel présentant tout un tas de ressources sur le sujet.

 

Faire revivre un Minitel, un projet fun !

Comme pour tout projet, on peut toujours se demander quels sont les buts d’un tel projet. J’ai personnellement l’impression que c’est un classique. C’est sensé être facile à réaliser, cela ne demande pas beaucoup de compétences en électronique, pour un résultat relativement rapide. Pour ma part, cela a pris plus de temps que prévu pour plein de bonnes raisons (priorité à d’autres side projects, déménagement et autres bonnes raisons :)) mais aussi car je n’ai pas pris le temps de bien me renseigner sur la partie électronique.

La partie “électronique”

Le Minitel dispose d’une interface série TTL 5v via une prise DIN 5 broches. J’ai tout d’abord cru qu’il s’agissait d’une interface supportant la norme RS-232 (ce n’est pas le cas), puis j’ai suivi bêtement un montage proposé sur un post de blog trouvé sur le net avec un transistor et quelques résistances pour se connecter à un adaptateur USB-série TTL. Ce deuxième essai a été tout aussi infructueux que le premier. J’ai donc allumé quelques neurones et relu la doc du Minitel et de mon adaptateur USB-série (basé sur la puce PL2303). Ce dernier supportant des entrées / sorties en 5v, pas besoin d’une quelconque adaptation des niveaux, j’ai donc connecté directement l’adaptateur au cable relié à la prise DIN et ça marche (globalement l’approche détaillée dans cet article). Il y a peut-être une meilleure solution, genre utiliser l’UART du Raspberry pour éviter d’utiliser un port USB inutilement, mais celle-ci me suffit amplement pour l’instant.

Configuration du Minitel

Le Minitel n’affiche pas par défaut ce qui se passe sur sa connexion série. Il faut faire une série de combinaisons de touches pour l’activer. Je la reprécise ici pour mémoire, pour mon modèle de Minitel, le Minitel 2:

  • Sortie du répertoire: Fnct + Sommaire
  • Passage en mode périphérique: Fnct + T puis A
  • Désactivation de l’écho du terminal: Fnct + T puis E
  • Connexion 9600 bauds: Fnct + P puis 9 (on peut aussi activer des connexions plus lentes pour plus de réalisme avec Fnct + P puis 1 pour 1200 bauds ou Fnct+P puis 4 pour 4800 bauds)

Configuration côté Linux

En terme de configuration, on trouve de tout dans les nombreux articles sur le sujet. Je suis allé au plus simple car je me moque de savoir si le prompt de l’écran de login s’affiche correctement ou non, une fois loggué, cela n’a plus d’importance.

Ayant installé une Raspbian Buster, basée sur Debian 10, la configuration s’appuie sur systemd. Au démarrage du Pi, on souhaite donc configurer le port série puis lancer un getty sur le périphérique associé, pour pouvoir accéder à la console depuis le Minitel. On trouve de bonnes instructions pour réaliser cette étape dans cet article: Un minitel comme terminal linux USB. Partie 3 : Et avec systemd ?

J’ai effectué deux modifications mineures à ce fichier:

  • le Minitel 2 supporte une communication à 9600 bauds au lieu de 4800
  • j’ai sélectionné le fichier terminfo correspondant à ma variante de Minitel, à savoir minitel-2 et non minitel1b-80

Tout terminal a besoin d’un fichier terminfo pour pouvoir fonctionner correctement. Ces fichiers de config sont présents pour plusieurs variantes courantes de Minitel dans la base terminfo des distributions linux récentes. Il n’y a donc pas besoin de télécharger des fichiers terminfo sur le net comme vous pourriez le lire dans certains articles.

Pour trouver le fichier terminfo correspondant à votre minitel, vous pouvez exécuter cette commande:

find /usr/share/terminfo -name *minitel*

Une fois le service configuré, vous pouvez redémarrer le Pi et tenter de vous logguer sur le Minitel, après l’exécution des 4 combinaisons de touches magiques.

J’ai trouvé dans l’article “Utiliser un Minitel avec un Raspberry” deux idées sympa: 

  • le Minitel supporte les caractères ASCII 7bit plus quelques caractères accentués via des séquences d’échappement. On définit la variable LC_ALL à C dans son .bashrc pour éviter certains problèmes liés à l’encodage des caractères, par exemple pour ceux parmi vous qui aiment avoir leurs messages d’erreurs en français… Chez moi, ça se résume à: if [ "$TERM" = "minitel-2" ]; then export LC_ALL=C; fi
  • Les touches de fonction du Minitel telles que Sommaire, Guide, Annulation, … ne sont pas actives par défaut. Il est possible de les mapper à des fonctions du terminal via un fichier .inputrc à placer dans son home directory. Un exemple est donné dans l’article précité.

Linux: quelques exemples d’utilisation

Toute cette partie n’est pas spécifique au Minitel. Vous pouvez vous amuser dans un terminal sur votre ordinateur, ça fonctionne aussi. Je vous ai listé ici quelques outils qui vont fonctionner avec les limitations du Minitel 2 ou de ma config:

  • faible taux de rafraichissement
  • Monochrome
  • pas de caractères accentués (faudrait sûrement que je creuse pour celle-là)

Afficher du texte en ASCII-Art

L’outil classique pour cela est figlet. Si votre Minitel supporte l’affichage en couleurs, vous pouvez utiliser l’outil “toilet” à la place.

figlet "ca marche!"

utilisation de figlet sur minitel pour afficher le texte "ça marche!", mai 2020

Afficher une image en ASCII-Art

Avec l’outil fim, il est possible d’afficher une image en ASCII-Art. Pour cela, on peut utiliser la commande suivante:

fim --output-device=aa trollface.jpg

Affichage d'une image via fim sur Minitel, mai 2020

 

Starwars Ep. 4  en ASCII-Art

Je ne suis pas un grand fan des guerres de l’étoile, mais je suis impressionné par le boulot qu’a dû être la création de cette longue animation en ASCII-Art:

telnet towel.blinkenlights.nl 

Un petit extrait de cette animation dans ce twitt: “biou sur Twitter: 20th Century Text”

 

Visualiser une vidéo youtube en ASCII-Art

Il faut tout d’abord télécharger la vidéo Youtube de votre choix avec youtube-dl. Cette vidéo sera ensuite lue avec mplayer. J’ai fait quelques essais et eu le meilleur rendu avec ces options:

mplayer --reallt-quiet -vo aa -monitoraspect 0.5 -nosub -noautosub -framedrop -contrast 25 rick.mkv

 

Si votre Minitel est couleur, vous pouvez aussi obtenir un rendu en couleurs en remplaçant l’option -vo aa par -vo caca (ça utilise la libcaca).

La sortie son du Raspberry Pi peut être utilisée pour avoir du son. Mon Raspberry Pi 1 n’était malheureusement pas assez puissant pour décoder la vidéo sans que le son ne coupe.

Les démomakers ne sont pas en reste

J’ai trouvé la démo BB assez sympa. Ça fonctionnait à peu prês sur le minitel, bien qu’un peu lent. Elle est dispo dans les packages Debian.

 

Les classiques

On peut toujours gérer ses fichiers via une interface semi-graphique via Midnight Commander, se connecter à IRC via irssi, naviguer sur le Web via lynx, …

IRSSI sur Minitel, mai 2020
IRSSI sur Minitel

Coder une petite application dans le style Minitel

Ok, tout cela est bien beau, mais cet affichage 80 colonnes ne ressemble pas trop à ce que l’on avait l’habitude de voir sur Minitel dans les années 80 et 90s. Par défaut le Minitel est capable d’afficher des informations respectant le standard Videotex. Pour réaliser une petite démo, je me suis appuyé sur la librairie PyMinitel de Frédéric Bisson. (Ce monsieur a d’ailleurs fait une très chouette présentation sur le sujet au FOSDEM2020: “Reviving Minitel: How web technologies make it easy to emulate Minitel”)  Il s’agit d’un client xml-rpc pour Dotclear, qui permet de se logguer et d’y créer un billet.

Et la démo est là:

Le code source est disponible dans ce repository github: dcMinitel.


  1. ce qu’on appelait à l’époque les serveurs RTC il me semble

Créez des jeux vidéo ! Ça ne sert à rien mais ça fait du bien

Depuis bientôt 2 ans, je baigne un peu dans le milieu du jeu vidéo (JV) indépendant et c’est assez sympa. Dans les faits, je participe surtout à des game jams (j’en ai maintenant 3 au compteur) et plusieurs de mes amis viennent de démarrer leur activité d’intermittent du jeu vidéo, comme Noliv chez “les Bubars” et Mr Helmut, chez “Flying Oak Games”.
Pour ce qui est des game jams, je vous invite à jeter un oeil à nos précédents compte-rendus, et . Je fais aussi partie de l’asso qui les organise, habilement nommée COIN pour Comité d’Organisation des Interactivités Numériques. Le COIN est un repère de codeurs et de (graphic|sound|game)-designers dont le but dans la vie est de produire du beau et du fun pour égayer un peu vos journées.
Mais revenons à nos moutons électriques. Globalement j’essaie d’expérimenter le plus possible en faisant des petits protos dans mon coin, la plupart ne verront certainement jamais le jour en tant que produits finis, mais ils me permettent de progresser dans la découverte de cet univers.

Comment fait-on pour en arriver à développer des jeux vidéo ?

Je pourrais vous parler de la sous-culture des jeux vidéo, de son impact sur les 30 dernières années sur le grand public. Je pourrais aussi disserter sur l’essor des plateformes mobiles depuis quelques années et notamment des stores qui permettent aux développeurs de jeux vidéo indépendants de se faire connaître et même parfois de vivre de leur art.
Je vais plutôt vous détailler la petite histoire de ces indépendants dont je suis proche (plusieurs d’entre eux ont fait partie de mon équipe lors d’une Game Jam) :

  • Il y a quelques années j’avais un nouveau collègue passionné de jeux vidéo, MrHelmut, le genre de passionné incollable tant au niveau des jeux eux-mêmes que de leur conception. Vous savez, le petit gars qui code un émulateur GameBoy juste pour sa culture personelle et pour le défi intellectuel. Eh bien ce monsieur s’est mis en tête il y a deux ans d’organiser une Global Game Jam près de chez nous afin de rencontrer la communauté des créateurs de JV locale et de stimuler leur créativité. Cette première Game Jam a été un déclic pour beaucoup de monde. En 48h on peut avoir un proto de jeu indie potable ! Tout ceci ayant plu à pas mal de monde, on s’est dit qu’il fallait une asso pour organiser tout cela proprement, c’est ainsi qu’est née l’asso COIN. On a depuis organisé plusieurs événement, notamment la GGJ’13 et la Barbecue Game Jam en août 2013. Depuis la première Global Game Jam dans l’Est de la France, notre ami Helmut s’est jeté à l’eau, il a lui aussi monté son studio de JV, Flying Oak, le studio qui envoie du bois.
  • En parallèle, une personne de grande taille, surnommée Noliv, avait décidé de changer de vie : finies les tâches chiantes et répétitives, finis les environnements de boulot kafkaïens, finie la réunionite aïgue, finie la pression pour des objectifs qui ne lui parlent pas. Il laisse tout cela de côté et se dit qu’il doit prendre son temps pour partir sur de nouvelles bases. Tout d’abord il voulait réaliser des applications sérieuses sur iOS, sa plateforme préférée, histoire de produire des logiciels utiles et bien ficelés. Puis vint la galette des rois (on parle souvent d’épiphanie dans le jargon de la créativité) lorsqu’il découvrît lors d’une Game Jam que la création de jeux vidéo était à sa portée et bien plus motivante que de reproduire d’anciens schémas en tant qu’indépendant. Il a alors créé “les Bubars” et c’est bien connu, chez les Bubars on n’a pas de rasoir mais on a des idées. Pour Mathieu, ça a été un scénario quasi identique, après plusieurs années dans des SSII au Luxembourg, il plaque tout pour s’inscrire dans une école de game design à Lyon.
  • AllYouNeedIsGNU est un brillant développeur Web que je connais depuis plusieurs années. Un de ses loisirs actuels est de créer des jeux en 3d avec des technos Web comme WebGL. Le résultat est carrément Impressionnant. 
  • Nico Parco est un musicien touche à tout super calé et chef de projet informatique dans la vraie vie. Pour vous dire comme il est calé, il a récemment signé la BO d’un film !
  • Alchymi, le sage, graphiste reconverti dans le JV, vit de son art depuis des années chez Studio3WG. Il sait ce qui marche et ce qui ne marche pas, d’instinct. C’est aussi un gars super productif, capable de sortir un nouveau jeu toutes les 10 minutes.
  • Les petits gars de chez CodeAndGame font un super boulot de vulgarisation auprès des ados en leur proposant de découvrir la création de JV à travers des ateliers pratiques. 
  • Game Side Story, le site de news sur les JV indépendants qui fait la couverture de toutes nos Game Jams et nous aide aussi à peaufiner nos concepts. Leurs articles sont vraiment intéressants et pour ceux qui s’intéressent à ce domaine, ça permet d’avoir un bon aperçu de ce qui se fait ailleurs.

J’espère que je n’ai oublié personne ! Globalement on peut dire que tout est histoire de contexte et d’expérience : le contexte avec des gens qui s’intéressent à un domaine comme la conception de JV et l’expérience des Game Jams, pendant lesquelles on perçoit directement le potentiel mais aussi toutes les difficultés de ce métier.

Quelles compétences faut-il pour créer des jeux vidéo?

Tout dépend du profil que l’on veut adopter. D’après mon expérience limitée aux Games Jams, dans une équipe de création de JV on retrouve de base :

  • des game designers, qui vont définir les règles du jeu et donc ce qui va être amusant et potentiellement addictif
  • des graphistes, qui vont gérer la couche graphique (sprites, décors, menus, etc.)
  • des sound designers, qui vont créer les effets sonores et la bande son
  • des développeurs, qui codent le jeu et intègrent les contributions des autres profils.


Bien entendu dans des équipes de moins de 4 personnes, certaines personnes sont amenées à gérer plusieurs profils de compétences (on rencontre beaucoup de bricoleurs et de touche à tout pendant les game jams). Il est par exemple assez difficile de trouver des musiciens qui sont intéressés par la création de JV et qui ont le niveau nécessaire pour composer une musique accompagnant un jeu (on a eu de la chance pendant nos game jams, on en a eu à chaque fois mais on était quasi la seule équipe)
Quand on travaille dans la conception d’interfaces ou dans le Web, on est habitués aux équipes pluridisciplinaires. Il est donc assez facile de retrouver ses marques et de collaborer avec les graphistes et sound designers. Pour les développeurs, mieux vaut maîtriser une techno et être un peu ouvert (sur iOS, j’ai par exemple testé Cocos2D et je me mets tout doucement à SpriteKit)
De ce que j’en sais, chez “Flying Oak”, ils sont deux, un développeur et un graphiste et ils externalisent la partie son. Chez “les Bubars”, la configuration est un peu différente, sachant que Noliv fait tout tout seul.

Les premiers jeux

Tout ceci est une bien belle histoire mais si vous suivez, vous avez remarqué que ce dont je vous parle a démarré il y a quelques temps maintenant et vous n’avez toujours rien vu.
J’ai pour ma part releasé il y a quasi un an le jeu issu de notre première Game Jam, Jump’n’Puke. Celui de la seconde Global Game Jam de l’Est est toujours dans les cartons, ♥, Drugs & Rock’n’Roll, en attente de finalisation du mode multijoueur (on avait prototypé un mode multi en passant par un composant serveur, dont on aimerait se passer pour une release). Généralement dans mon équipe, on release tous les jeux issus de Game Jams gratuitement car c’est bien plus simple pour les amateurs que nous sommes.
Je sais que MrHelmut a démarré un projet secret en début d’année, que j’ai eu la chance de pouvoir tester la semaine dernière. Vous aurez certainement plus d’infos chez lui.
Chez Noliv, il y a un projet qui vient d’être validé sur l’App Store : “Tarot, le défi”, un jeu de tarot sur iOS.


On peut penser que réaliser ce type de jeu peut manquer un peu d’ambition mais il n’en est rien. À la manière de certains designers, il s’est dit que cela pourrait être un challenge intéressant de faire un jeu de cartes qui soit joli, plaisant à utiliser, bien fini et qu’il donne même envie de jouer au tarot aux personnes qui n’aiment pas ce jeu. Loin de moi l’idée de dénigrer les autres jeux de tarot sur iOS, ils ont souvent de nombreuses fonctionnalités et une bonne IA, mais graphiquement cela reste toujours très basique.
D’autre part, cela lui a permis de découvrir tout un tas de facettes du développement de jeu comme les communications synchrones et asynchrones, l’IA, les animations, l’intégration avec Game Center, le test d’applications, etc. J’espère que cette première release commerciale rencontrera son public et lui permettra de continuer à créer des jeux originaux !

Et la suite ?

Pour ma part, je suis toujours impliqué dans l’asso COIN et on vous prépare plein de bonnes choses. On va essayer de fédérer un maximum d’indépendants du JV dans la grande région. On commence déjà par une prochaine Global Game Jam à la fin de ce mois, qui devrait être notre plus belle édition avec une nouvelle salle et un nombre toujours croissant de participants. On veut essayer de développer nos séminaires, nous permettant de faire connaître cette activité au grand public. Dans ces séminaires nous inviterons des professionnels du JV qui viendront présenter une facette de leur activité. Tout cela promet donc pas mal de bonnes choses pour 2014 dans la région !

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